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Lettre de mission d'avocat — Convention d'honoraires

Lettre de mission d'avocat avec convention d'honoraires obligatoire (Loi 71-1130). Précise nature mission, honoraires, débours, modalités révision.

La convention d'honoraires écrite est-elle vraiment obligatoire ?

Oui, sans exception. L'article 10 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, modifié par la loi n° 2011-1862 du 13 décembre 2011, impose la forme écrite pour toute convention d'honoraires. L'absence d'écrit expose l'avocat à une sanction disciplinaire prononcée par le bâtonnier et fragilise sa position en cas de litige : le juge taxateur peut réduire les honoraires réclamés au seul montant jugé raisonnable au regard des diligences prouvées. Cette obligation s'applique quelle que soit la durée ou la complexité de la mission confiée.

Source : Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires — article 10 (honoraires d'avocat, forme écrite obligatoire) · mise à jour 2026

À propos de ce formulaire

La convention d'honoraires d'avocat est un document contractuel obligatoirement établi par écrit, conformément à l'article 10 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques, dans sa rédaction issue de la loi n° 2011-1862 du 13 décembre 2011. Ce document formalise l'accord entre l'avocat et son client avant tout commencement de mission. Il doit préciser la nature et l'étendue exacte de la mission, le mode de calcul des honoraires (taux horaire, forfait ou honoraires de résultat), le montant de la provision initiale demandée, les débours prévisibles et leurs modalités de remboursement, ainsi que les conditions de révision des honoraires en cours de mission. L'avocat est soumis aux règles déontologiques du Règlement Intérieur National (RIN) adopté par le Conseil National des Barreaux. Tout litige sur le montant des honoraires relève de la compétence exclusive du bâtonnier de l'ordre compétent, dans les conditions fixées par le décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991.

Exemple concret

Claire Martin, gérante de la SARL Martin Transports (CA 1,2 M€, Toulouse), mandate Me Julien Fabre du Barreau de Toulouse pour la défendre dans un litige commercial portant sur des impayés clients de 78 000 €. Convention signée le 27 juin 2026 : taux horaire 240 € HT (soit 288 € TTC, TVA 20 %), provision initiale de 2 880 € TTC (10 heures estimées pour la phase amiable), débours plafonnés à 800 € sur justificatifs (frais de greffe, actes d'huissier). Un honoraire de résultat de 8 % des sommes effectivement recouvertes au-delà de 40 000 € complète la rémunération de base. Durée estimée de la mission : 9 mois. Clause de révision prévue si le dossier est porté devant la cour d'appel de Toulouse.

Comment remplir le formulaire

  1. Renseignez l'identité complète des parties : nom, prénom ou dénomination sociale, adresse complète, numéro SIRET pour les personnes morales, et les références du barreau de l'avocat (numéro d'inscription, adresse du cabinet).
  2. Définissez précisément la nature et le périmètre de la mission : conseil juridique, rédaction d'acte, représentation en justice, phases couvertes (amiable et/ou contentieuse) et celles explicitement exclues, avec les juridictions concernées.
  3. Fixez le mode de calcul des honoraires : indiquez le taux horaire HT ou le forfait global, précisez si un honoraire de résultat complète la rémunération de base (avec son assiette et son taux), et mentionnez systématiquement le taux de TVA applicable de 20 %.
  4. Précisez le montant de la provision initiale demandée, le calendrier de paiement (mensuel, par phase de procédure), la liste des débours prévisibles (frais de greffe, d'huissier, d'expertise) et leurs modalités de remboursement sur justificatifs.
  5. Datez et signez les deux exemplaires originaux — un pour chaque partie — et incluez une clause de révision des honoraires (en cas de changement de complexité ou de nouvelle juridiction) ainsi que les modalités de résiliation anticipée avec délai de préavis.

Bon à savoir

  • Pacte de quota litis pur interdit (article 10 al. 3, loi n° 71-1130) : ne prévoyez jamais un honoraire exclusivement conditionné au résultat sans honoraire de diligence de base. La clause est nulle de plein droit et l'avocat s'expose à une faute disciplinaire pouvant mener jusqu'à la radiation du barreau.
  • Absence de convention écrite = risque financier majeur : sans écrit, le taux ou le forfait convenu n'est pas opposable au client. Le bâtonnier taxateur ramène les honoraires à un niveau qu'il estime raisonnable, souvent très inférieur aux prestations accomplies, et une sanction disciplinaire peut s'y ajouter.
  • Omettre la TVA à 20 % dans le libellé de la convention engendre des litiges à la facturation : précisez systématiquement si les montants indiqués sont HT ou TTC. Les honoraires d'avocat sont assujettis à la TVA au taux normal de 20 % ; la mention HT/TTC doit figurer sur chaque note d'honoraires sous peine de contestation client et de risque de régularisation fiscale.

Questions fréquentes

La convention d'honoraires écrite est-elle vraiment obligatoire ?

Oui, sans exception. L'article 10 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, modifié par la loi n° 2011-1862 du 13 décembre 2011, impose la forme écrite pour toute convention d'honoraires. L'absence d'écrit expose l'avocat à une sanction disciplinaire prononcée par le bâtonnier et fragilise sa position en cas de litige : le juge taxateur peut réduire les honoraires réclamés au seul montant jugé raisonnable au regard des diligences prouvées. Cette obligation s'applique quelle que soit la durée ou la complexité de la mission confiée.

Quelles mentions obligatoires doit contenir la convention ?

Conformément à l'article 10 de la loi de 1971 et au Règlement Intérieur National du CNB, la convention doit mentionner : l'identité complète des parties (coordonnées avocat et client, numéro SIRET pour les professionnels), la nature précise de la mission (conseil, rédaction d'acte, représentation en justice, phases couvertes), le mode de calcul des honoraires, le montant de la provision initiale, les débours prévisibles et leurs modalités de remboursement, les conditions de révision et de résiliation, ainsi que les modalités de facturation et de paiement.

Les honoraires de résultat (success fees) sont-ils autorisés ?

Oui, sous conditions strictes posées par l'article 10, alinéa 3, de la loi n° 71-1130. L'honoraire de résultat est autorisé mais ne peut constituer l'unique rémunération de l'avocat : il doit obligatoirement s'ajouter à des honoraires de diligence (taux horaire ou forfait). Le pacte de quota litis pur — qui prévoit un honoraire exclusivement conditionné au résultat sans honoraire de base — est formellement interdit et constitue une faute disciplinaire susceptible d'entraîner une sanction pouvant aller jusqu'à la radiation du barreau.

Comment sont fixés les taux horaires en 2026 ?

Les honoraires d'avocat sont librement fixés par accord entre les parties, en tenant compte des critères de l'article 10 de la loi de 1971 : difficulté de l'affaire, compétences requises, notoriété de l'avocat, temps consacré et situation financière du client. En pratique, les taux horaires varient de 150 € HT à 500 € HT selon la spécialisation et la localisation géographique. Les honoraires sont soumis à la TVA au taux de 20 %, sauf pour les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle. La provision initiale représente généralement 20 à 30 % du total estimé.

Comment contester les honoraires en cas de désaccord ?

En cas de contestation, le client ou l'avocat peut saisir le bâtonnier de l'ordre à tout moment dans le délai de prescription applicable : deux ans pour un client consommateur en application de l'article L. 218-2 du Code de la consommation, cinq ans pour un client professionnel en application de l'article 2224 du Code civil. La procédure est régie par les articles 174 à 179 du décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991. Le bâtonnier rend une ordonnance de taxe après avoir entendu les parties. Cette décision peut faire l'objet d'un recours devant le premier président de la cour d'appel dans un délai d'un mois à compter de la notification. La procédure est gratuite.

Quelles règles s'appliquent en cas de résiliation anticipée de la mission ?

L'avocat comme le client peut mettre fin à la mission à tout moment, sous réserve d'un délai de préavis raisonnable pour ne pas compromettre les intérêts du client (articles 13 et suivants du RIN du CNB). En cas de résiliation à l'initiative de l'avocat, il demeure tenu de ses obligations jusqu'au remplacement effectif. Les honoraires dus couvrent les diligences accomplies jusqu'à la date de résiliation, et la provision versée fait l'objet d'un décompte contradictoire. Toute clause pénale excessive peut être réduite judiciairement.

Mis à jour le 2026-06-27

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