Déclaration CNIL — Traitement de données sensibles (RGPD
Déclaration CNIL pour traitement de données sensibles (santé, biométrie, opinions). Obligatoire si l'entreprise traite des données Art. 9 RGPD.
Quelles données entrent dans le champ de l'article 9 RGPD ?
L'article 9 du RGPD liste huit catégories dites « sensibles » : données révélant l'origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, l'appartenance syndicale, les données génétiques, les données biométriques aux fins d'identification unique, les données concernant la santé, et les données relatives à la vie sexuelle ou à l'orientation sexuelle. Les données relatives aux infractions et condamnations pénales constituent un régime distinct, régi par l'article 10 RGPD et les dispositions spécifiques de la loi Informatique et Libertés modifiée. Toute entreprise traitant les catégories de l'article 9 doit documenter la base légale applicable parmi les dix exceptions prévues à l'article 9.2 RGPD.
Source : CNIL — Guide pratique AIPD (PIA) v3.0 et téléservice consultation préalable · mise à jour 2026
À propos de ce formulaire
La déclaration CNIL pour le traitement de données sensibles repose sur le Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD), article 9, qui interdit par principe le traitement de catégories particulières de données — santé, biométrie, opinions politiques, appartenance syndicale, données génétiques, orientation sexuelle. Depuis l'entrée en vigueur du RGPD le 25 mai 2018 et la loi n° 2018-493 du 20 juin 2018 portant modification de la loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6 janvier 1978, le régime de déclaration préalable a été remplacé par un principe de responsabilité (accountability). Concrètement, tout traitement relevant de l'article 9 RGPD impose : la tenue d'un registre des activités de traitement (article 30 RGPD), la réalisation d'une Analyse d'Impact relative à la Protection des Données (AIPD, article 35 RGPD), et, si le risque résiduel demeure élevé, une consultation préalable de la CNIL (article 36 RGPD). Le non-respect expose à des sanctions administratives jusqu'à 20 millions d'euros et des poursuites pénales (article 226-19 du Code pénal).
Exemple concret
Le cabinet paramédical SantéKin SARL (12 kinésithérapeutes salariés, CA 1,2 million d'euros, Lyon) traite quotidiennement des données de santé (diagnostics, comptes-rendus de séances, ordonnances) pour 3 200 patients actifs. En 2025, le cabinet déploie un logiciel de prise en charge connecté à une plateforme cloud hébergée en Irlande. Le DPO externe mandaté conduit une AIPD (coût prestation : 2 400 euros HT) : le risque résiduel est jugé maîtrisable grâce au chiffrement AES-256, à la pseudonymisation et à un contrat de sous-traitance conforme à l'article 28 RGPD avec l'hébergeur certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé, article L. 1111-8 CSP). L'AIPD est archivée, aucune consultation préalable CNIL n'est requise. Le cabinet économise ainsi les 6 000 à 12 000 euros de pénalité administrative que risquait un démarrage sans AIPD documentée.
Comment remplir le formulaire
- Identifier et qualifier les données traitées : vérifier que les catégories entrent dans l'article 9 RGPD (santé, biométrie, opinion, etc.) et recenser les finalités, volumes et durées de traitement dans le registre des activités (article 30 RGPD). Documenter la base légale applicable parmi les dix exceptions de l'article 9.2 (consentement explicite, exécution d'obligations légales, intérêt public, etc.).
- Désigner ou consulter le DPO : si le traitement de données sensibles est réalisé à grande échelle (article 37.1 c) RGPD), nommer un Délégué à la Protection des Données et le notifier à la CNIL via le téléservice CNIL en ligne. Le DPO pilote l'AIPD et valide la méthodologie retenue (guide PIA de la CNIL v3.0).
- Réaliser l'Analyse d'Impact relative à la Protection des Données (AIPD) selon l'article 35 RGPD : décrire le traitement et ses finalités, évaluer la nécessité et la proportionnalité, apprécier les risques pour les personnes (vraisemblance et gravité), puis définir les mesures techniques et organisationnelles (chiffrement, pseudonymisation, contrôle d'accès) pour les réduire. Utiliser l'outil PIA open-source publié par la CNIL.
- Documenter l'AIPD et la conserver : rédiger le rapport formel incluant l'avis du DPO, les mesures retenues et le risque résiduel estimé. Si le risque résiduel est acceptable, archiver le rapport (durée de conservation recommandée : durée du traitement + 5 ans). Mettre à jour l'AIPD à chaque modification substantielle du traitement (article 35.11 RGPD).
- Si le risque résiduel demeure élevé, soumettre une demande de consultation préalable à la CNIL (article 36 RGPD) via le téléservice dédié, en joignant l'AIPD complète, les coordonnées du DPO et les mesures envisagées. Attendre l'avis écrit de la CNIL dans un délai de 8 semaines (prorogeable à 14 semaines) avant tout démarrage du traitement.
Bon à savoir
- Ne pas confondre le registre des traitements (article 30 RGPD, tenu en interne) avec la consultation préalable CNIL (article 36 RGPD, déclenchée uniquement si le risque résiduel reste élevé après l'AIPD). Démarrer un traitement de données sensibles sans avoir finalisé l'AIPD expose à une amende administrative jusqu'à 20 millions d'euros (article 83.
- Éviter de collecter des données biométriques en milieu professionnel (badge d'accès par empreinte digitale, reconnaissance faciale) sans autorisation spécifique. La CNIL exige une AIPD systématique et une base légale stricte (article 9.2 b) RGPD ou consentement explicite). Une autorisation préalable de la CNIL peut être requise selon les référentiels sectoriels publiés.
- Ne pas négliger la mise à jour de l'AIPD en cas d'évolution du traitement (nouveau prestataire sous-traitant, changement de finalité, extension géographique). L'article 35.11 RGPD impose un réexamen régulier. Omettre cette mise à jour alors qu'un risque nouveau a émergé est considéré comme un manquement au principe d'accountability (article 5.
Questions fréquentes
Quelles données entrent dans le champ de l'article 9 RGPD ?
L'article 9 du RGPD liste huit catégories dites « sensibles » : données révélant l'origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, l'appartenance syndicale, les données génétiques, les données biométriques aux fins d'identification unique, les données concernant la santé, et les données relatives à la vie sexuelle ou à l'orientation sexuelle. Les données relatives aux infractions et condamnations pénales constituent un régime distinct, régi par l'article 10 RGPD et les dispositions spécifiques de la loi Informatique et Libertés modifiée. Toute entreprise traitant les catégories de l'article 9 doit documenter la base légale applicable parmi les dix exceptions prévues à l'article 9.2 RGPD.
L'AIPD est-elle toujours obligatoire pour les données sensibles ?
Oui. L'article 35.3 b) RGPD impose une Analyse d'Impact relative à la Protection des Données (AIPD) pour tout traitement à grande échelle de données de l'article 9. La CNIL a publié une liste des traitements nécessitant obligatoirement une AIPD (délibération n° 2018-327 du 11 octobre 2018). Même en dehors de la grande échelle, dès que le traitement présente un risque élevé pour les droits et libertés, l'AIPD est requise. Elle doit être documentée par écrit, comprendre une description du traitement, une évaluation de la nécessité, une appréciation des risques et les mesures envisagées pour y faire face.
Quel est le délai de réponse de la CNIL en consultation préalable ?
Lorsque l'AIPD conclut à un risque résiduel élevé que le responsable de traitement ne peut atténuer seul, l'article 36 RGPD impose une consultation préalable de la CNIL avant tout traitement. La CNIL dispose d'un délai de 8 semaines à compter de la réception du dossier complet pour émettre un avis écrit. Ce délai est prorogeable de 6 semaines supplémentaires (soit 14 semaines au total) en cas de complexité, la CNIL devant alors informer le responsable de traitement dans le mois suivant la réception. Pendant cette période, aucun traitement de données sensibles ne peut débuter.
Qui est responsable de l'AIPD au sein de l'entreprise ?
Le responsable de traitement (dirigeant ou DPO désigné) est juridiquement accountable au sens de l'article 5.2 RGPD. Si un Délégué à la Protection des Données (DPO) a été désigné — obligation pour les organismes traitant à grande échelle des données sensibles (article 37.1 c) RGPD) —, il doit être consulté lors de la réalisation de l'AIPD conformément à l'article 35.2 RGPD. En l'absence de DPO obligatoire, le responsable de traitement peut réaliser l'AIPD lui-même ou mandater un prestataire externe, tout en conservant la responsabilité finale. La CNIL recommande d'impliquer les équipes métier concernées.
Quelles sanctions encourt une entreprise qui traite des données sensibles sans base légale ?
Les sanctions sont doubles. Au plan administratif, l'article 83.5 RGPD permet à la CNIL d'infliger une amende allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial annuel (le montant le plus élevé étant retenu). En 2024, la CNIL a prononcé plusieurs sanctions supérieures à 3 millions d'euros pour traitement illicite de données de santé. Au plan pénal, l'article 226-19 du Code pénal punit de 5 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende le fait de collecter des données sensibles sans base légale ou hors des cas prévus par la loi.
Le registre des traitements est-il obligatoire même pour une PME traitant des données sensibles ?
Oui, sans exception. L'article 30.5 RGPD prévoit que les organismes de moins de 250 personnes sont exemptés du registre sauf si le traitement est susceptible de comporter un risque pour les droits et libertés des personnes, s'il n'est pas occasionnel, ou s'il porte sur des catégories particulières de données au sens de l'article 9. Dès lors qu'une PME traite des données sensibles — même ponctuellement —, la tenue d'un registre détaillé (finalités, base légale, durée de conservation, destinataires, mesures de sécurité) est obligatoire sous peine de sanction pouvant atteindre 10 millions d'euros (article 83.4 RGPD).
Sources officielles
- CNIL — Guide pratique AIPD (PIA) v3.0 et téléservice consultation préalable — 2026-06-27
- EUR-Lex — Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD), articles 9, 10, 30, 35, 36 et 83 — 2026-06-27
- Légifrance — Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés (modifiée par loi n° 2018-493 du 20 juin 2018) — 2026-06-27
Mis à jour le 2026-06-27
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