Convention de collaboration créateur-marque — Loi 2023-451
Convention de collaboration créateur-marque conforme Loi 2023-451 (DGCCRF). Précise contreparties, mentions obligatoires (#partenariatrémunéré), DSA.
Le contrat écrit est-il obligatoire même pour une collaboration de faible montant ?
Oui, dès qu'une contrepartie est stipulée — monétaire ou avantage en nature. L'art. 5 de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 impose un contrat écrit pour toute collaboration faisant l'objet d'une rémunération, sans seuil minimal exonératoire. Le décret n° 2023-1311 du 27 décembre 2023 détaille le contenu minimal du document. L'absence de contrat expose marque et créateur à des sanctions administratives DGCCRF dès le premier euro de contrepartie, y compris la remise de produits sans paiement direct en numéraire.
Source : Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale — Légifrance · mise à jour 2026
À propos de ce formulaire
La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale impose un cadre contractuel strict à toute collaboration entre créateurs de contenu et marques sur les réseaux sociaux. Son décret d'application n° 2023-1311 du 27 décembre 2023 précise les mentions obligatoires : identité complète des parties, nature exacte des prestations, valorisation des contreparties (numéraire et avantages en nature), durée de la campagne, droits d'utilisation des contenus et obligations de divulgation publicitaire. La convention doit prendre en compte les exigences du Règlement européen DSA (UE 2022/2065), applicable depuis le 17 février 2024 : l'art. 26 impose aux plateformes en ligne d'assurer l'identification claire et en temps réel de tout contenu publicitaire, de l'annonceur et du financeur ; l'art. 39 impose aux Très Grandes Plateformes En ligne (TGEP telles que TikTok, YouTube, Instagram) de tenir une bibliothèque publicitaire accessible au public pendant un an. Tout contenu sponsorisé doit porter la mention « Publicité » ou « Partenariat rémunéré » (art. 9 loi 2023-451), lisible immédiatement, sans défilement ni clic supplémentaire. La DGCCRF contrôle le respect de ces obligations et peut infliger des sanctions allant jusqu'à 300 000 € pour les personnes physiques contrevenantes.
Exemple concret
Léa Moreau, créatrice lifestyle (127 000 abonnés Instagram, 43 000 TikTok), conclut en mars 2026 une convention avec VerteBeauté SAS (cosmétiques naturels) pour une campagne de 30 jours : 3 posts statiques + 2 Reels + 5 stories éphémères. Rémunération contractuelle : 3 200 € nets + coffret produits valorisé 380 € TTC (mention expresse dans le contrat). La mention « Partenariat rémunéré » apparaît en superposition dès la 1re seconde sur chaque Reel et en premier hashtag sur les posts statiques. VerteBeauté conserve le contrat signé électroniquement jusqu'en mars 2031. Léa intègre 3 580 € (numéraire + nature) dans son chiffre d'affaires EURL, bien en dessous du seuil TVA 37 500 € 2026. Aucun produit de santé réglementé n'est mentionné, la campagne est conforme à l'art. 3 loi 2023-451.
Comment remplir le formulaire
- Identifier et qualifier les parties contractantes : vérifier le statut juridique du créateur (auto-entrepreneur, EURL, SAS) et recenser ses plateformes actives avec le nombre d'abonnés par réseau, conformément à l'art. 5 loi 2023-451 qui exige l'identification précise des parties.
- Définir et valoriser toutes les contreparties : rémunération nette ou brute en numéraire, valeur vénale TTC des avantages en nature (produits, invitations, codes promo), ventilée livrable par livrable, avec dates de paiement ou de remise des produits.
- Rédiger les mentions contractuelles obligatoires (art. 6 loi 2023-451 et décret 2023-1311) : objet précis des prestations, durée de la campagne, droits d'utilisation et d'exploitation des contenus, territoire, plateformes visées, clause de non-divulgation d'informations confidentielles et modalités de résiliation.
- Intégrer les obligations de divulgation publicitaire : préciser dans le contrat le libellé exact du marqueur (« Publicité » ou « Partenariat rémunéré »), son emplacement sur chaque format (superposition vidéo dès la 1re seconde, premier élément visible en post statique), en application de l'art. 9 loi 2023-451 et de l'art. 26 Règlement DSA.
- Faire signer le document par les deux parties — la signature électronique a valeur probatoire en vertu de l'art. 1367 Code civil — puis conserver l'original cinq ans (art. L110-4 Code de commerce). La marque archive également les captures d'écran des contenus publiés portant le marqueur publicitaire.
Bon à savoir
- Omettre la mention « Publicité » ou « Partenariat rémunéré » constitue une pratique commerciale trompeuse par omission au sens des art. L121-1 et L121-3 du Code de la consommation, passible d'une peine pénale pouvant atteindre 2 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende pour les personnes physiques.
- Insérer dans le contrat une clause de promotion portant sur un produit interdit par l'art. 3 de la loi 2023-451 (chirurgie esthétique, cryptoactifs spéculatifs sans visa AMF, jeux d'argent non agréés ANJ) rend la clause nulle de plein droit et expose les signataires à des poursuites pénales spécifiques pouvant atteindre 75 000 € d'amende, indépendamment des sanctions DGCCRF.
- Omettre de valoriser les avantages en nature dans le contrat constitue une dissimulation fiscale susceptible d'entraîner un redressement URSSAF ou une rectification fiscale avec majorations de 40 % (art. 1729 CGI). Le créateur risque en outre un rappel de TVA si son chiffre d'affaires 2026 dépasse 37 500 € (seuil prestataires de services, art.
Questions fréquentes
Le contrat écrit est-il obligatoire même pour une collaboration de faible montant ?
Oui, dès qu'une contrepartie est stipulée — monétaire ou avantage en nature. L'art. 5 de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 impose un contrat écrit pour toute collaboration faisant l'objet d'une rémunération, sans seuil minimal exonératoire. Le décret n° 2023-1311 du 27 décembre 2023 détaille le contenu minimal du document. L'absence de contrat expose marque et créateur à des sanctions administratives DGCCRF dès le premier euro de contrepartie, y compris la remise de produits sans paiement direct en numéraire.
Comment la mention #partenariatrémunéré doit-elle être apposée sur les contenus ?
L'art. 9 de la loi 2023-451 exige que la mention « Publicité » ou « Partenariat rémunéré » apparaisse de manière claire, lisible et immédiatement visible, sans clic ni défilement supplémentaire. Sur les vidéos, elle doit être affichée en superposition dès la première seconde et maintenue tout au long de la séquence commerciale. Elle ne peut pas être noyée dans une série de hashtags en bas de description. Le Règlement DSA (art. 26, applicable depuis le 17 février 2024) impose aux plateformes de permettre à tout utilisateur d'identifier en temps réel l'annonce, l'annonceur et le financeur ; les Très Grandes Plateformes En ligne doivent en outre archiver ces marqueurs un an (art. 39 DSA).
Quels produits sont interdits dans une convention créateur-marque ?
L'art. 3 de la loi 2023-451 interdit la promotion de : produits financiers à risque (cryptoactifs spéculatifs, Forex non régulés), actes chirurgicaux à visée esthétique, abonnements à contenus pornographiques, jeux d'argent non agréés par l'ANJ. S'y ajoutent les restrictions du Code de la santé publique pour les médicaments sur ordonnance et les dispositifs médicaux sans mention AMM, et celles du Code monétaire et financier pour les offres sans visa AMF. Toute clause contractuelle portant sur ces domaines est nulle de plein droit.
Comment valoriser les avantages en nature dans le contrat ?
L'art. 6 de la loi 2023-451 impose de faire figurer dans le contrat la valeur vénale (prix public TTC) de tout produit, invitation ou code de réduction remis au créateur. Cette valorisation constitue une rémunération imposable intégrée au chiffre d'affaires du créateur. Sur le plan TVA, le seuil de franchise 2026 pour les prestataires de services est fixé à 37 500 € (art. 293 B CGI), seuil incluant la valeur vénale des avantages en nature reçus. La marque conserve les justificatifs pour son propre contrôle fiscal.
Quelle est la durée légale de conservation du contrat de collaboration ?
Le contrat doit être conservé cinq ans par les deux parties, conformément au délai de prescription des obligations commerciales (art. L110-4 Code de commerce). La DGCCRF peut en exiger la production à tout moment durant cette période dans le cadre d'une enquête sur les pratiques commerciales. La loi 2023-451 ne fixe pas de durée propre, mais la prescription générale en matière de pratiques commerciales trompeuses s'aligne sur ce délai quinquennal. En cas de litige contractuel, l'art. 2224 du Code civil (prescription de droit commun à 5 ans) s'applique également.
La convention s'applique-t-elle à un créateur domicilié hors de France ?
Oui, si ses contenus ciblent des consommateurs établis en France. L'art. 7 de la loi 2023-451 étend l'obligation à tout créateur étranger visant le public français ; l'annonceur français devient alors responsable solidaire du respect des mentions obligatoires. Sur le plan du DSA (applicable depuis le 17 février 2024), c'est l'art. 13 qui impose aux fournisseurs de services intermédiaires (plateformes telles que TikTok, YouTube ou Instagram) non établis dans l'UE de désigner un représentant légal dans l'Union — cette obligation pèse sur les plateformes et non sur les créateurs de contenu, lesquels sont des utilisateurs de ces plateformes au sens du règlement. La convention doit préciser le droit applicable et la juridiction compétente lorsque les parties sont dans des États différents.
Sources officielles
- Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale — Légifrance — 2026-06-27
- Décret n° 2023-1311 du 27 décembre 2023 relatif au contrat de collaboration créateur-annonceur — Légifrance — 2026-06-27
- DGCCRF — Encadrement de l'influence commerciale : droits et obligations — 2026-06-27
Mis à jour le 2026-06-27
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