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Trame d'entretien professionnel et bilan à 6 ans

Trame d'entretien professionnel obligatoire (L6315-1 Code du travail) tous les 2 ans + bilan à 6 ans. Obligation employeur (sanction si non-réalisation).

Qui est soumis à l'obligation d'entretien professionnel tous les deux ans ?

L'article L6315-1 du Code du travail impose cet entretien à tout employeur, quelle que soit la taille de l'entreprise, pour chaque salarié. Sont aussi concernés les salariés à temps partiel, les apprentis à l'issue du contrat, et les salariés reprenant leur poste après une absence longue (congé maternité, parental, maladie longue durée, mandat syndical). L'entretien est dû dès le retour du salarié, en plus du cycle bisannuel ordinaire.

Source : Article L6315-1 du Code du travail — Légifrance · mise à jour 2026

À propos de ce formulaire

La trame d'entretien professionnel est un document structuré permettant à l'employeur de respecter l'obligation légale posée par l'article L6315-1 du Code du travail (loi du 5 mars 2014, modifiée par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 dite « Avenir professionnel »). Chaque salarié doit bénéficier d'un entretien professionnel tous les deux ans, distinct de l'entretien d'évaluation. Cet entretien porte sur les perspectives d'évolution professionnelle, notamment en termes de qualifications et d'emploi. Tous les six ans, un état des lieux récapitulatif (bilan à 6 ans) est obligatoire pour vérifier que le salarié a bien bénéficié des entretiens prévus et d'au moins une formation non obligatoire (action de formation autre que celles imposées par la loi ou le règlement au sens de l'article L.6321-2 du Code du travail). Le non-respect de cette obligation expose l'employeur à un abondement correctif du Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié, d'un montant de 3 000 € pour les entreprises d'au moins 50 salariés (article L6315-1 II, renvoyant à l'article L6323-13).

Exemple concret

Sophie Mercier, responsable comptable depuis 7 ans dans la PME Atlanco SAS (62 salariés, secteur BTP, Lyon), n'a pas bénéficié de son entretien professionnel à l'échéance de 2024 ni de son entretien de reprise après son congé maternité de 6 mois terminé en mars 2023. Lors du bilan à 6 ans réalisé en janvier 2026, la DRH constate que deux entretiens manquent et qu'aucune formation non obligatoire n'a été suivie sur la période 2020-2026 (seul un module e-learning réglementaire imposé par la loi figure au dossier, qui ne compte pas au sens de l'article L.6321-2). Ces deux conditions faisant simultanément défaut, Atlanco SAS doit abonder le CPF de Sophie Mercier de 3 000 € versés à la Caisse des dépôts (article L6315-1 II renvoyant à L6323-13). La DRH met en place un tableau de suivi mensuel et planifie immédiatement deux sessions de rattrapage pour les 4 salariés concernés par des entretiens en retard, afin d'éviter un double abondement lors du prochain cycle.

Comment remplir le formulaire

  1. Étape 1 — Planifier l'entretien : convoquer le salarié par écrit (email ou courrier) au moins 8 jours avant la date prévue, en précisant l'objet (entretien professionnel au sens de l'article L6315-1 du Code du travail, distinct de l'évaluation), la date, le lieu ou le dispositif de visioconférence, et le nom du responsable d'entretien.
  2. Étape 2 — Préparer la trame en amont : compléter la section historique de la période écoulée (formations suivies, certifications obtenues, évolutions de poste ou de rémunération, entretiens précédents réalisés) en consultant les données RH, puis adresser au salarié la partie « auto-préparation » de la trame au moins 5 jours avant l'entretien.
  3. Étape 3 — Conduire l'entretien en deux temps : (a) bilan rétrospectif — passer en revue les actions de formation, les progressions salariales et les certifications acquises depuis le dernier entretien ; (b) projection prospective — recueillir les souhaits d'évolution du salarié, identifier les besoins en formation (CPF, plan de développement des compétences), et formaliser les engagements mutuels.
  4. Étape 4 — Rédiger et valider le compte-rendu : compléter toutes les rubriques obligatoires de la trame (bilan des actions passées, souhaits exprimés, engagements de l'employeur, prochaine échéance), faire relire le document au salarié lors de l'entretien ou dans les 48 heures, recueillir sa signature ou noter son refus motivé, puis signer en tant que représentant de l'employeur.
  5. Étape 5 — Archiver et déclencher le suivi : remettre une copie datée au salarié, verser l'original au dossier RH individuel avec horodatage, paramétrer un rappel dans le SIRH pour le prochain entretien bisannuel, et mettre à jour le tableau de suivi du bilan à 6 ans pour s'assurer qu'au moins une formation non obligatoire (au sens de l'article L.6321-2) interviendra avant l'échéance sexennale.

Bon à savoir

  • Piège 1 — Omettre l'entretien de reprise après absence longue (article L6315-1 I) : cet entretien est dû de plein droit au retour de congé maternité, parental, sabbatique, arrêt longue maladie ou mission syndicale. Sa non-réalisation est comptabilisée dans le bilan à 6 ans et peut déclencher l'abondement CPF de 3 000 € pour les entreprises d'au moins 50 salariés, même si tous les entretiens…
  • Piège 2 — Fusionner entretien professionnel et entretien d'évaluation dans un seul et même document : l'article L6315-1 I l'interdit expressément. En cas de litige prud'homal, le juge peut déclarer l'entretien professionnel non réalisé, entraînant la sanction d'abondement et une potentielle condamnation pour manquement à l'obligation de formation (article L6321-1).
  • Piège 3 — Ne pas conserver les preuves de réalisation pendant 6 ans minimum : sans document signé ou horodaté archivé, l'employeur ne peut pas justifier de la conformité lors du bilan récapitulatif. En cas de contrôle ou de contentieux, la charge de la preuve pèse sur l'employeur (Cass. soc., principe général).

Questions fréquentes

Qui est soumis à l'obligation d'entretien professionnel tous les deux ans ?

L'article L6315-1 du Code du travail impose cet entretien à tout employeur, quelle que soit la taille de l'entreprise, pour chaque salarié. Sont aussi concernés les salariés à temps partiel, les apprentis à l'issue du contrat, et les salariés reprenant leur poste après une absence longue (congé maternité, parental, maladie longue durée, mandat syndical). L'entretien est dû dès le retour du salarié, en plus du cycle bisannuel ordinaire.

Quelle est la sanction si l'employeur n'a pas réalisé les entretiens ou le bilan à 6 ans ?

Pour les entreprises d'au moins 50 salariés, l'article L6315-1 II (renvoyant à l'article L6323-13) prévoit un abondement correctif du CPF du salarié de 3 000 €, versé directement à la Caisse des dépôts et consignations. Ce manquement est constaté lors du bilan à 6 ans si le salarié n'a pas eu ses entretiens bisannuels ET n'a pas bénéficié d'au moins une formation non obligatoire (formation autre que celles imposées par l'article L.6321-2). Les entreprises de moins de 50 salariés ne sont pas soumises à cet abondement mais restent exposées au contentieux prud'homal.

Quelle est la différence entre l'entretien professionnel et l'entretien d'évaluation ?

L'article L6315-1 I interdit expressément de confondre les deux : l'entretien professionnel porte uniquement sur les perspectives d'évolution du salarié (qualifications, emploi, formation), jamais sur la performance ou l'atteinte d'objectifs. L'entretien d'évaluation relève du pouvoir de direction de l'employeur et peut être maintenu séparément. Fusionner les deux dans un même document expose l'employeur à une contestation de la validité de l'entretien professionnel et à la sanction d'abondement au bilan à 6 ans.

Que doit vérifier le bilan récapitulatif à 6 ans ?

Selon l'article L6315-1 II (modifié par la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018), le bilan à 6 ans vérifie que le salarié a bénéficié : (1) des entretiens professionnels prévus sur la période, et (2) d'au moins une formation non obligatoire, c'est-à-dire toute action de formation autre que celles imposées par la loi ou le règlement pour l'exercice de l'emploi (article L.6321-2). Depuis la réforme de 2018, la progression salariale ou professionnelle et l'acquisition d'une certification ne constituent plus des critères alternatifs. L'abondement de 3 000 € est dû dans une entreprise d'au moins 50 salariés uniquement si ces deux conditions font simultanément défaut. Un compte-rendu écrit signé des deux parties est fortement recommandé.

Quand l'entretien doit-il impérativement être organisé après une absence du salarié ?

L'article L6315-1 I prévoit une obligation de tenir l'entretien au retour du salarié après : un congé de maternité, un congé parental d'éducation (total ou partiel), un congé de proche aidant, un congé d'adoption, un congé sabbatique, une période de mobilité volontaire sécurisée, un arrêt longue maladie, ou une mission syndicale. Cet entretien de reprise ne dispense pas du cycle bisannuel ; il s'y ajoute. L'absence de cet entretien de reprise est prise en compte dans le bilan à 6 ans.

La trame d'entretien doit-elle obligatoirement être signée par le salarié ?

Aucune disposition légale n'impose une signature formelle du salarié sur la trame elle-même. Toutefois, l'article L6315-1 I précise que le salarié doit recevoir une copie du document rédigé à l'issue de l'entretien. En pratique, faire signer le compte-rendu par les deux parties constitue la meilleure preuve en cas de litige prud'homal. Le refus de signer doit être mentionné sur le document. L'employeur conserve ce document pendant au moins 6 ans pour justifier sa conformité lors du bilan récapitulatif.

Mis à jour le 2026-06-27

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