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Une obligation, et une moitié à financer

L'explication, dans l'ordre où elle se lit · 21 sections · 770 mots · 4 min

Le cabinet Roussel emploie six salariés et propose une complémentaire santé à 48 € par mois et par personne, dont il prend 40 % à sa charge. Le gérant croit être généreux : la loi n'imposerait rien à une si petite structure. Elle impose l'obligation, et une part minimale supérieure. Avant de lire : quel texte pose cette obligation, et à quelle hauteur l'employeur finance-t-il ?

Ce que vous saurez faire

  • Identifier le texte qui pose l'obligation de couverture complémentaire santé.
  • Retenir la part minimale du financement à la charge de l'employeur.
  • Comprendre à quelles entreprises l'obligation s'applique.
  • Situer la décision unilatérale de l'employeur comme voie de mise en place.
  • Distinguer l'obligation de couvrir de son contenu, traité au module suivant.

Une obligation qui ne dépend pas de la taille

L'article L911-7 du code de la sécurité sociale vise les entreprises dont les salariés ne bénéficient pas d'une couverture collective à adhésion obligatoire en matière de remboursements complémentaires de frais occasionnés par une maladie, une maternité ou un accident.

Ces entreprises sont tenues de faire bénéficier leurs salariés de cette couverture minimale par décision unilatérale de l'employeur. Le texte ne pose aucun seuil d'effectif : six salariés ou six cents, l'obligation est la même.

La fiche du service public le formule sans réserve : tout employeur du secteur privé, entreprise et association, a l'obligation de proposer une couverture complémentaire santé collective à ses salariés.

Le texte précise aussi la voie de mise en place lorsque rien d'autre n'existe. C'est une décision unilatérale de l'employeur, prise dans le respect de l'article 11 de la loi du 31 décembre 1989, et les salariés concernés en sont informés.

Définition

Couverture collective à adhésion obligatoire — La couverture que l'employeur met en place au bénéfice de ses salariés et à laquelle ceux-ci adhèrent, sauf cas de dispense. Elle se distingue d'un contrat individuel que chacun souscrirait de son côté : c'est son caractère collectif et obligatoire qui la fait entrer dans le champ de l'article L911-7.

Au minimum la moitié

Le III de l'article fixe la charge de l'employeur en une phrase : l'employeur assure au minimum la moitié du financement de la couverture collective à adhésion obligatoire.

Le mot « minimum » se lit dans les deux sens. L'employeur ne peut pas descendre en dessous de la moitié, mais rien ne l'empêche de financer davantage : la règle est un plancher, non un partage imposé.

La fiche du service public confirme la lecture et en tire la conséquence pour le salarié : la participation financière de l'employeur doit être au moins égale à 50 % de la cotisation, le reste restant à la charge du salarié.

Une participation de 40 % ne satisfait donc pas la règle, quelle que soit la taille de l'entreprise et quelle que soit la qualité du contrat souscrit. Le plancher porte sur la répartition, pas sur le montant absolu.

Chiffres clés

Part minimale du financement à la charge de l'employeur
50 %
Seuil d'effectif déclenchant l'obligation
Aucun
Voie de mise en place à défaut d'autre modalité
Une décision unilatérale de l'employeur
Cotisation mensuelle par personne au cabinet Roussel
48 €

Un ordre de lecture, et une comparaison

Le I de l'article organise une comparaison qu'il faut savoir manier. L'obligation ne vise que les entreprises dont les salariés ne bénéficient pas déjà d'une couverture dont chacune des catégories de garanties et la part du financement sont au moins aussi favorables que celles des II et III.

L'entreprise qui a déjà mis en place une couverture ne repart donc pas de zéro : elle compare l'existant au minimum légal, garantie par garantie et sur le financement, et n'agit que si l'existant est en deçà.

La comparaison porte sur deux dimensions à la fois, et elles ne se compensent pas. Une couverture très généreuse sur les garanties mais financée à 40 % reste en deçà du minimum sur le financement, et doit être reprise sur ce point.

Le contenu de ce minimum de garanties est renvoyé au II de l'article et à son décret d'application, que le module suivant détaille. C'est là que le panier de soins prend ses montants.

Les erreurs à éviter

  • Croire l'obligation réservée aux entreprises d'une certaine taille, alors qu'aucun seuil n'est posé.
  • Financer moins de la moitié de la cotisation, quelle que soit la qualité du contrat.
  • Lire les 50 % comme un partage imposé, alors que c'est un plancher que l'employeur peut dépasser.
  • Compenser une participation insuffisante par des garanties supérieures, alors que les deux dimensions se vérifient séparément.
  • Négliger l'information des salariés lorsque la couverture est mise en place par décision unilatérale.
  • Confondre une complémentaire souscrite individuellement par chaque salarié et une couverture collective à adhésion obligatoire.

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