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Relancer, puis mettre en demeure

L'explication, dans l'ordre où elle se lit · 23 sections · 834 mots · 5 min

Une facture de 8 000 € impayée porte des pénalités dès le lendemain de son échéance, sans qu'aucune relance soit nécessaire. S'y ajoute une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, due de plein droit entre professionnels.

Ce que vous saurez faire

  • Situer le point de départ des pénalités selon le type de client
  • Distinguer la relance de la mise en demeure, et savoir laquelle est obligatoire
  • Choisir la forme de mise en demeure adaptée au montant en jeu
  • Connaître la voie réservée aux petites créances

Quand la créance devient exigible

Le recouvrement amiable porte sur les créances dont la date de paiement est dépassée et qui n'ont pas encore été réglées. Cette date ne se fixe pas de la même façon selon que le client est un particulier ou un professionnel.

Face à un particulier, le paiement est généralement exigible immédiatement : on parle de paiement comptant, et aucun délai n'est accordé. Face à un professionnel, le délai varie entre trente et soixante jours selon le secteur d'activité du vendeur.

Définition

Créance exigible — Créance dont le terme est échu et dont le paiement peut être réclamé. Ce n'est qu'à l'issue du délai contractuel ou légal que la créance le devient : réclamer avant terme n'ouvre ni pénalités, ni voie de recouvrement judiciaire.

Dans les relations entre professionnels, les pénalités de retard sont dues à partir de la date à laquelle le paiement aurait dû être effectué, celle qu'indique la facture. Elles courent seules, sans mise en demeure préalable.

Chiffres clés

Délai de paiement entre professionnels, borne basse
30 jours
Délai de paiement entre professionnels, borne haute
60 jours
Indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement
40 €
Plafond de la procédure simplifiée pour petites créances
5 000 €

La relance, qui n'est jamais obligatoire

Le recouvrement amiable comporte deux étapes, et aucune des deux n'est obligatoire. La relance est pourtant utilisée quasi systématiquement : l'entreprise contacte son client par téléphone ou par écrit pour lui rappeler la facture restée impayée.

Elle est efficace quand l'impayé tient à un oubli ou à une difficulté passagère. Elle ne l'est pas quand il tient à un différend : une solution au litige doit alors être trouvée avant d'engager la moindre opération de recouvrement.

Un réflexe interne accompagne utilement la relance : prévenir le service commercial, pour éviter que de nouvelles commandes soient passées ou que des conditions de paiement particulières soient accordées pendant que l'impayé court.

Si la relance échoue, il est inutile d'en multiplier d'autres. La fiche officielle est explicite sur ce point : il faut passer à la mise en demeure, qui n'exige d'ailleurs aucune relance préalable, pas plus qu'une assignation en paiement.

Tableau récapitulatif

ÉtapeObligatoire ?Effet juridique
Relance téléphonique ou écriteNonAucun, sinon commercial
Mise en demeureNon, sauf cas particuliersMet un terme aux intérêts déjà courus
Recouvrement par commissaire de justiceNon, créances sous 5 000 €Amiable, sans passage devant un juge
Recouvrement judiciaireNonUn titre, exécutable si le débiteur ne s'y oppose pas

Trois formes de mise en demeure

La mise en demeure n'est pas obligatoire non plus, sauf cas particuliers. Elle prend trois formes, et le choix dépend du montant en jeu autant que de l'effet recherché sur le débiteur.

  • La sommation, acte de commissaire de justice au fort impact psychologique, mais dont le coût la rend peu adaptée aux petites créances
  • La lettre recommandée avec accusé de réception portant interpellation suffisante, rédigée en termes clairs et formels
  • La clause du contrat prévoyant que la seule exigibilité du paiement vaut mise en demeure du débiteur
  • Pour les créances inférieures à 5 000 €, le recouvrement amiable peut être confié à un commissaire de justice

Un cas rend la mise en demeure obligatoire : le sous-traitant qui veut réclamer son paiement directement au maître d'ouvrage doit d'abord mettre en demeure l'entrepreneur principal, et en adresser copie au maître d'ouvrage. L'action directe ne s'ouvre qu'un mois après.

La mise en demeure produit un effet que la relance n'a pas : elle met un terme aux intérêts qui ont commencé à courir depuis le défaut de paiement. C'est un point de bascule, pas une simple étape de politesse commerciale.

Le débiteur peut lui aussi y recourir, et le cas surprend. Lorsque le créancier refuse de recevoir le paiement qui lui est dû, ou fait obstacle à ce que le débiteur s'acquitte, celui-ci met le créancier en demeure de recevoir son paiement.

Une dernière voie amiable existe pour les créances de moins de 5 000 € : en confier le recouvrement à un commissaire de justice. Déléguer à une société de recouvrement reste possible, mais la fiche officielle rappelle que cela a un coût.

Les erreurs à éviter

  • Croire que les pénalités de retard supposent une relance ou une mise en demeure préalable
  • Multiplier les relances au lieu de passer à la mise en demeure quand la première a échoué
  • Relancer un client avec lequel existe un différend, au lieu de traiter d'abord le litige
  • Envoyer une sommation de commissaire de justice pour une petite créance, dont le coût dépasse l'intérêt

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