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Vingt jours d'arrêt, dix-sept indemnisés, 625,72 € nets
L'explication, dans l'ordre où elle se lit · 26 sections · 786 mots · 4 min
Un salarié à 2 400 € bruts par mois s'arrête vingt jours. Il pense toucher la moitié de son salaire, soit environ 800 €. Il percevra 625,72 € nets. Avant de lire la suite : où sont passés les 175 € de différence ?
Ce que vous saurez faire
- Calculer le salaire journalier de base d'un salarié payé au mois.
- Appliquer le plafonnement du salaire pris en compte.
- Retenir le taux de l'indemnité journalière et le délai de carence.
- Situer la durée maximale d'indemnisation.
- Chiffrer les prélèvements sociaux sur les indemnités.
Trois salaires et un diviseur de 91,25
L'indemnité journalière ne se calcule pas sur le salaire du mois de l'arrêt. Elle part d'un salaire journalier de base, reconstitué à partir d'une période de référence.
Pour un salarié payé au mois, ce salaire journalier de base est le total des trois derniers salaires bruts perçus avant l'arrêt de travail, divisé par 91,25.
Le diviseur de 91,25 n'est pas arbitraire : il représente le nombre moyen de jours de trois mois, soit 365 divisé par 4. Il ramène un salaire trimestriel à une base journalière.
Un salarié à 2 400 € bruts par mois affiche donc un salaire journalier de base de 7 200 divisé par 91,25, soit 78,90 €.
Définition
Salaire journalier de base — Base de calcul de l'indemnité journalière, obtenue en divisant par 91,25 le total des trois derniers salaires bruts précédant l'arrêt, pour un salarié payé au mois. Le salaire pris en compte est lui-même plafonné.
Un plafond, une moitié, et trois jours qui sautent
Le salaire retenu pour le calcul est plafonné à 1,4 fois le montant du Smic mensuel, soit 2 613,82 € en 2026. Un salaire supérieur ne produit aucune indemnité supplémentaire.
L'effet du plafond se lit sur un exemple. Un salarié à 3 000 € bruts affiche un salaire journalier de base de 98,63 €, dont la moitié ferait 49,32 € ; il ne percevra que 42,97 €, l'écrêtement étant intervenu en amont, sur le salaire de référence.
L'indemnité journalière correspond ensuite à 50 % du salaire journalier de base. Notre salarié perçoit donc 39,45 € bruts par jour indemnisé.
Ce mécanisme explique le plafond d'indemnité affiché à 42,97 € bruts : c'est exactement la moitié du salaire journalier de base calculé sur le salaire plafonné, soit 85,93 € divisés par deux.
Enfin, les indemnités ne sont versées qu'après un délai de carence de trois jours, qui s'applique à CHAQUE nouvel arrêt. Vingt jours d'arrêt donnent donc dix-sept jours indemnisés.
Cette règle par arrêt a une conséquence brutale sur les absences courtes. Un arrêt de trois jours n'ouvre strictement aucune indemnité journalière, et trois arrêts de trois jours dans l'année n'en ouvrent pas davantage.
C'est l'une des raisons pour lesquelles beaucoup de conventions collectives prévoient un maintien de salaire par l'employeur sur cette période. En l'absence d'une telle clause, les trois premiers jours restent à la charge du salarié.
Chiffres clés
- Taux de l'indemnité journalière
- 50 %
- CSG sur les indemnités journalières
- 6,2 %
- CRDS sur les indemnités journalières
- 0,5 %
- Délai de carence
- 3 jours
Ce que le brut perd avant d'arriver
Les indemnités journalières ne sont pas versées nettes de tout. Elles supportent la contribution sociale généralisée au taux de 6,2 % et la contribution au remboursement de la dette sociale au taux de 0,5 %.
Sur 670,65 € bruts d'indemnités, la retenue de 6,7 % représente 44,93 €. Le salarié reçoit 625,72 €, loin de la moitié de son salaire mensuel.
La durée d'indemnisation est elle-même bornée : 360 jours d'indemnités journalières sur une période maximale de trois ans, portée à trois ans en cas d'affection de longue durée.
Ce compteur se lit en glissant, pas par année civile. À chaque nouvel arrêt, la caisse regarde les trois années écoulées et vérifie que le total des jours déjà indemnisés n'atteint pas 360.
Un arrêt de plus de six mois déclenche des conditions d'ouverture de droits renforcées : douze mois d'affiliation et 600 heures travaillées sur les douze mois précédents, ou un salaire cotisé équivalent à 2 030 fois le Smic horaire.
Les deux bornes se combinent pour donner un maximum absolu. Un salarié durablement plafonné ne peut percevoir plus de 42,97 € par jour sur 360 jours, soit 15 469,20 € bruts sur trois ans, quel que soit son salaire réel.
Les erreurs à éviter
- Calculer l'indemnité sur le salaire du mois de l'arrêt plutôt que sur les trois précédents.
- Diviser le salaire trimestriel par 90 ou par 92 au lieu de 91,25.
- Oublier le plafonnement du salaire à 1,4 fois le Smic mensuel.
- Indemniser les trois premiers jours, écartés par la carence.
- Croire la carence appliquée une fois par an, alors qu'elle vaut par arrêt.
- Annoncer un montant brut au salarié sans retrancher la CSG et la CRDS.
Contenu pédagogique à jour des sources citées. Il ne remplace pas un conseil personnalisé pour votre situation. Ces formations ne sont ni certifiantes ni éligibles au CPF : elles ne préparent à aucune certification enregistrée au RNCP ou au répertoire spécifique.