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Le plafond de déduction, et ce qui le réduit
L'explication, dans l'ordre où elle se lit · 21 sections · 793 mots · 5 min
Le plafond de déduction d'épargne retraite vaut 10 % des revenus d'activité, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 €. Entre les deux, quatre postes viennent le réduire, et la plupart des épargnants les découvrent après avoir versé.
Ce que vous saurez faire
- Calculer le plafond de déduction applicable à un foyer
- Identifier les quatre postes qui viennent le réduire
- Savoir où lire le plafond personnalisé plutôt que le recalculer
- Utiliser la mutualisation entre époux et le report des plafonds
Un plancher, un plafond, et un taux entre les deux
Les sommes versées sur un produit d'épargne retraite se déduisent du revenu net global, dans la limite d'un plafond fixé pour chaque membre du foyer fiscal. Ce plafond n'est pas forfaitaire : il se calcule sur les revenus d'activité de l'année précédente.
Définition
Plafond d'épargne retraite — Montant maximal des cotisations déductibles du revenu global pour une année. Il vaut 10 % des revenus d'activité nets de frais professionnels de l'année précédente, borné par un plancher et un plafond tous deux calculés sur le plafond annuel de la sécurité sociale.
Le plafond est propre à chaque membre du foyer fiscal. Un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune peut demander, dans sa déclaration, la mutualisation de ses deux plafonds : l'un utilise alors la part que l'autre n'a pas consommée.
Chiffres clés
- Taux appliqué aux revenus d'activité
- 10 %
- Plancher de déduction
- 4 710 €
- Plafond de déduction
- 37 680 €
- Multiple du plafond de sécurité sociale servant de borne
- 8
Les deux bornes se déduisent du plafond annuel de la sécurité sociale : le plancher vaut 10 % de ce plafond, la borne haute 10 % de huit fois ce plafond. Elles changent donc chaque année, mécaniquement, sans qu'aucune décision ne les fixe séparément.
Quatre postes qui viennent en déduction
Le montant obtenu n'est pas le montant disponible. Quatre postes le réduisent, tous liés à une épargne retraite déjà financée par ailleurs. C'est la règle la moins connue du dispositif, et celle qui produit le plus de redressements.
- Les cotisations aux régimes de retraite supplémentaire obligatoires dans l'entreprise, part patronale non imposable et part salariale déductible
- Les cotisations aux régimes facultatifs des non-salariés, hors la fraction correspondant à 15 % de la quote-part de bénéfice comprise entre une et huit fois le plafond de la sécurité sociale
- L'abondement de l'employeur à un Perco, un Pereco ou un Pero, dans la limite du montant exonéré d'impôt sur le revenu, soit 7 419 €
- Les droits inscrits sur un compte épargne temps, ou dix jours de congé monétisés au plus, affectés à l'un de ces plans
Un salarié dont l'entreprise abonde généreusement son plan collectif peut ainsi voir son plafond individuel fondre. Le versement volontaire qu'il croyait déductible ne l'est alors qu'en partie, et l'excédent ne procure aucun avantage fiscal.
Tableau récapitulatif
| Situation | Base du plafond | Ce qui vient en déduction |
|---|---|---|
| Salarié | 10 % des revenus d'activité N-1 | Retraite supplémentaire obligatoire, abondement, CET |
| Sans profession ou retraité sans revenu professionnel | Le plancher de 4 710 € | Rien, en l'absence de plan d'entreprise |
| Travailleur indépendant | Règles particulières, avec option pour le revenu professionnel | La fraction Madelin au-delà des 15 % de la quote-part |
Les produits concernés forment une famille large : plan d'épargne retraite individuel, plans d'entreprise collectif et obligatoire, anciens plans populaires et collectifs, auxquels s'ajoutent trois régimes facultatifs — Préfon pour la fonction publique, Corem et le complément des hospitaliers.
Le travailleur indépendant dispose d'une faculté propre. Il peut déduire ses cotisations du revenu global comme tout le monde, ou opter pour la déduction sur son revenu professionnel, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, non commerciaux ou agricoles.
Lire le plafond plutôt que le recalculer
L'administration calcule ce plafond personnalisé et l'imprime. Il figure sur l'avis d'impôt de l'année précédente et sur la déclaration de revenus elle-même. C'est ce montant qui fait foi, et non un calcul refait à la main.
Le chiffre imprimé n'est d'ailleurs pas le seul plafond de l'année : il additionne le plafond calculé sur les revenus de l'année précédente et les plafonds non utilisés des années antérieures. Le lire évite de confondre le disponible et le plafond annuel.
Les cotisations versées pour racheter des trimestres de retraite obéissent à des conditions distinctes. Elles se déduisent, mais ne doivent jamais être comptées dans les cotisations d'épargne retraite : les deux enveloppes sont séparées et ne se confondent pas.
Les erreurs à éviter
- Calculer 10 % de ses revenus et verser ce montant sans retrancher l'abondement de l'employeur
- Confondre le plafond de l'année et le montant imprimé sur l'avis, qui inclut déjà les reports antérieurs
- Oublier de demander la mutualisation des plafonds entre époux ou partenaires de Pacs dans la déclaration
- Compter le rachat de trimestres dans l'enveloppe d'épargne retraite, alors que les deux sont distinctes
Contenu pédagogique à jour des sources citées. Il ne remplace pas un conseil personnalisé pour votre situation. Ces formations ne sont ni certifiantes ni éligibles au CPF : elles ne préparent à aucune certification enregistrée au RNCP ou au répertoire spécifique.