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Du salaire encaissé au revenu imposable
L'explication, dans l'ordre où elle se lit · 22 sections · 731 mots · 4 min
Nadia gagne 2 700 € net par mois, soit 32 400 € sur l'année. Elle s'attend à payer l'impôt sur 32 400 €. L'administration, elle, en retient 29 160 € et lui réclame 1 909 €. L'écart de 3 240 € ne vient d'aucune faveur : c'est une déduction automatique que personne ne lui a expliquée. Ce module montre d'où vient chaque euro entre le salaire versé et la base taxée.
Ce que vous saurez faire
- Distinguer salaire net versé, net imposable et revenu net imposable — trois montants différents sur la même fiche de paie.
- Identifier la catégorie de chacun de vos revenus, parce que la règle de calcul en dépend.
- Comprendre pourquoi le prélèvement à la source ne dispense pas de déclarer.
Trois montants, une seule fiche de paie
Le net versé est ce qui arrive sur le compte. Le net imposable, imprimé plus bas sur le bulletin, est supérieur : il réintègre la part de CSG et de CRDS que la loi refuse de rendre déductible. C'est ce second montant que l'employeur transmet à l'administration.
Sur ce net imposable annuel s'applique ensuite un abattement forfaitaire de 10 % censé couvrir vos frais professionnels : trajets, repas, documentation. Il est automatique, plafonné, et se remplace sur option par vos frais réels si vous les justifiez.
Définition
Revenu net imposable — Le montant obtenu après application de l'abattement de 10 % ou des frais réels, catégorie par catégorie. C'est lui, et non le salaire encaissé, qui entre dans le barème progressif.
Retenez l'ordre des opérations : on abat d'abord, on applique le barème ensuite. L'inverse gonfle l'impôt de plusieurs centaines d'euros et fausse toute anticipation de trésorerie sur l'année.
Chaque revenu suit la règle de sa catégorie
L'impôt français ne connaît pas « le revenu » mais des catégories, chacune avec ses propres déductions. Ranger un revenu dans la mauvaise case ne change pas seulement une ligne de formulaire : cela change le calcul appliqué.
- Traitements et salaires : abattement de 10 % ou frais réels sur justificatifs.
- Revenus fonciers : micro-foncier avec abattement, ou régime réel avec charges déductibles.
- Bénéfices industriels et commerciaux, non commerciaux : micro avec abattement forfaitaire, ou réel.
- Revenus de capitaux mobiliers : prélèvement forfaitaire unique par défaut, barème sur option globale.
- Pensions et retraites : abattement de 10 % également, mais plafonné différemment des salaires.
Un même foyer cumule souvent trois ou quatre catégories. Chacune se calcule séparément, puis les résultats s'additionnent pour former le revenu brut global — le point de départ du module suivant.
Le prélèvement à la source n'est qu'une avance
Depuis 2019, l'employeur retient l'impôt chaque mois. Beaucoup en concluent que la déclaration est devenue facultative. C'est faux : le prélèvement est un acompte calculé sur un taux provisoire, jamais un solde.
Ce taux vient de votre déclaration de l'année précédente. Il ignore par construction ce que l'administration ne connaît pas encore : un mariage, une naissance, une pension versée, un don, un changement d'emploi en cours d'année.
CSG et CRDS : le prélèvement d'à côté
Définition
CSG déductible — Fraction de la contribution sociale généralisée que la loi autorise à retrancher du revenu imposable. Le reste est prélevé sur un revenu déjà taxé : la même somme supporte alors deux prélèvements.
Sur un salaire, CSG et CRDS représentent 9,7 % appliqués à 98,25 % du brut. Une partie seulement, 6,8 points, vient en déduction du revenu imposable. Cette mécanique explique l'écart entre net versé et net imposable relevé plus haut.
Chiffres clés
- CSG et CRDS sur salaire
- 9,7 % du salaire brut
- Assiette retenue
- 98,25 % du brut, pas 100 %
- Part déductible du revenu imposable
- 6,8 points sur les 9,7
Vous n'avez rien à calculer : l'employeur reporte directement le net imposable, CSG déductible déduite. Savoir lire cette ligne permet en revanche de vérifier le montant prérempli sur votre déclaration, et de repérer une erreur de report.
Les erreurs à éviter
- Déclarer le net versé au lieu du net imposable : l'écart de quelques points fausse tout le calcul, et le montant prérempli devient inexplicable.
- Croire que le prélèvement à la source solde l'impôt : il ne fait qu'avancer une somme calculée sur un taux de l'année précédente.
- Cocher les frais réels sans les justifier ni les comparer à l'abattement de 10 % : en dessous du forfait, l'option coûte de l'impôt.
- Oublier qu'un revenu non salarié entre dans une autre catégorie, avec ses propres règles — la case choisie détermine le calcul.
Contenu pédagogique à jour des sources citées. Il ne remplace pas un conseil personnalisé pour votre situation. Ces formations ne sont ni certifiantes ni éligibles au CPF : elles ne préparent à aucune certification enregistrée au RNCP ou au répertoire spécifique.