UBS Group AG, bancaire zurichoise de 1 400 milliards CHF d'actifs gérés, soumet à la FINMA son rapport ICAAP 2024. La section risque de marché présente une Value-at-Risk (VaR) journalière à 99 % de CHF 320 millions sur le portefeuille de trading, validée par 250 jours de back-testing. La crise Credit Suisse de 2023 a rappelé que la VaR ne capte pas les risques de concentration et de liquidité — les stress tests sont devenus la mesure de référence des régulateurs.
Value-at-Risk (VaR)
Mesure statistique du risque de perte maximale sur un horizon donné, à un niveau de confiance donné. Exemple : VaR 99 % à 1 jour = CHF 320 millions signifie que la perte ne dépassera pas CHF 320 millions dans 99 % des cas sur une journée. La VaR est utilisée par les banques suisses pour le calcul des exigences en fonds propres réglementaires (Circulaire FINMA 2017/07) et le pilotage interne des limites de risque.
Expected Shortfall (ES) / CVaR
Mesure de risque qui calcule la perte moyenne conditionnelle au-delà du quantile VaR — autrement dit, quelle est la perte moyenne dans les 1 % pires cas. Contrairement à la VaR, l'ES est une mesure cohérente (sous-additive) et capture les événements de queue. Bâle IV (Bâle III révisé, implementation suisse progressive) remplace la VaR par l'ES comme mesure de référence pour le risque de marché.
Les stress tests macroéconomiques suisses définis par la FINMA et la BNS testent généralement quatre scénarios : appréciation soudaine du CHF de 15-20 % (scénario refuge), hausse des taux BNS de 200-300 pb, effondrement de l'immobilier suisse de 20-30 %, et récession DACH sévère (-5 % PIB). Ces scénarios sont calibrés sur des événements historiques réels (choc CHF 2015, crise financière 2008-2009).
| Méthode | Principe | Avantage | Limite principale |
|---|---|---|---|
| Paramétrique (delta-normal) | Distribution normale des rendements | Simple, rapide | Sous-estime les queues épaisses |
| VaR historique | Distribution empirique des 250-500 derniers jours | Pas d'hypothèse distributionnelle | Dépendance aux données historiques récentes |
| Monte-Carlo | Simulation de milliers de scénarios | Flexible, capture les non-linéarités | Coûteux en calcul, choix du modèle critique |
| Expected Shortfall (Bâle IV) | Moyenne des pertes au-delà du quantile | Cohérente, capture les queues | Plus complexe à calculer et communiquer |
Suite à l'absorption de Credit Suisse, UBS réalise un stress test de concentration sur les 50 plus grandes contreparties du portefeuille de crédit combiné. Le scénario de défaut simultané des 5 premières contreparties générerait une perte de CHF 4,2 milliards, absorbable par les fonds propres Tier 1 de CHF 68 milliards. La FINMA exige la documentation complète de la méthodologie et des hypothèses dans le rapport ICAAP annuel.
⚠️Utiliser la VaR paramétrique pour les instruments optionnels ou les portefeuilles non-linéaires
→ Les options et les portefeuilles avec convexité significative requièrent la VaR Monte-Carlo ou la VaR complète (full revaluation) — la VaR paramétrique sous-estime massivement le risque sur ces instruments.
⚠️Back-tester la VaR uniquement sur une période récente de faible volatilité
→ La validation du modèle VaR doit inclure au minimum une période de stress (2008, 2015, 2020) — un back-test sur données calmes génère de faux positifs sur la qualité du modèle.
⚠️Confondre VaR réglementaire FINMA et VaR de gestion interne
→ La VaR FINMA (Circulaire 2017/07) utilise des paramètres réglementaires précis (99 %, 10 jours) différents des paramètres de la VaR de gestion interne — ne pas les mélanger dans le reporting.
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